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Conférence plénière > Rudolf Mahrer
Rudolf Mahrer, professeur de linguistique française et vice-doyen de la Faculté des lettres de l’Université de Lausanne, dirige le Programme d’enseignement en Sciences Humaines et Sociales (SHS) du Collège des Humanités de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL).
De l’écrit comme trace à l’écrit comme ressource de l’écriture La question de la trace s’inscrit dans la perspective d’un comportement ou d’un événement passé, qui a laissé « derrière lui » quelque chose ; on interroge le rapport entre ce quelque chose et son origine. L’étude des processus d’écriture, ou génétique textuelle, a beaucoup recouru à la notion de trace, comme conditions de la reconstitution des processus, événements passés, à l’origine des écrits (ce quelque chose qui reste). Pourtant, la perspective génétique, c’est-à-dire l’interrogation des processus d’écriture et d’invention, suppose un renversement. Pour elle, la question « comment le produit écrit me permet de reconstruire le processus passé », certes fondamentale, n’est que méthodologique. La question théorique première est « comment l’écrit oriente le processus à venir ». La génétique, qui est une herméneutique du processus, doit envisager la matérialité écrite non seulement comme une trace (condition méthodologique de son examen) mais d’abord comme une ressource (moyen de l’invention). Dans ce contexte, la signature génétique n’est pas celle qui permet d’authentifier une œuvre, mais celle qui permet d’identifier son invention. Le cas des productions assistées par IA générative peut d’ailleurs nous aider à le penser. Ce sont ces considérations théoriques que je me propose de présenter à partir de quelques exemples tirés de manuscrits littéraires. |
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